6 ans plus tard, la réalité dépeinte dans le documentaire ‘Food Inc.’, sorti en 2008,  est-elle toujours d’actualité?

 

GRAS, SALÉ, SUCRÉ : THE 1$ MENU

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Ce ‘Happy meal’ des sens est pourtant potentiellement lourd de conséquences sur la santé globale.  Car les études scientifiques le démontrent de plus en plus ; l’alimentation, mais aussi notre environnement alimentaire a un impact significatif sur nos apports énergétiques (la quantité d’aliments que nous mangeons).

Les quantités gargantuesques, la forme des plats, le type d’éclairage (du restaurant, food-court ou fast-food), les sièges, l’absence de choix et de variétés (fast-food) sont tous d’importants éléments reliés à la surconsommation.  Plus que nous le pensons, semblerait-il, ou même que nous n’oserions l’admettre.  Car ça voudrait dire que l’on trompe nos sens en quelque sorte, ou du moins que nous utilisons tout ce que nous connaissons de la psychologie humaine pour mieux nous en passer sans que nous nous en apercevions vraiment.

Il est aussi important de comprendre la différence entre ‘La prise de décisions des aliments que nous mangerons (qu’est-ce que je mange)’ et la ‘Quantité de ces mêmes aliments que nous mangerons (combien j’en mange)’. 1

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2 facteurs importants contribuant À LA SURCONSOMMATION

ENVIRONNEMENT ALIMENTAIRE (traduction linguee de ‘Eating environment’)

On parle ici de tout ce qui touche aux facteurs ambiants hors du contrôle du consommateur.  Citons par exemple la température (froide, tempérée ou chaude), les distances à parcourir pour obtenir de la nourriture et les interactions sociales potentielles sur les lieux.

MILIEU NUTRITIONNEL (traduction linguee de ‘Food environment’)

Par opposition, le milieu nutritionnel fait référence à ce qui touche direction aux aliments.  Citons entre autres l’emballage, la présentation dans les kiosques, les portions offertes et le service.

Si, pendant la majeure partie de ma vie et de ma pratique professionnelle, j’avais toujours souligné l’importance de l’éducation pour la responsabilisation individuelle et la faculté de faire des choix éclairés, je comprends mieux depuis quelques années les dessous et les implications de l’environnement dans lequel nous évoluons ; tout comme leurs impacts qui sont bien réels.

L’être humain ayant essentiellement un besoin de socialiser et de reconnaissance de ses pairs, la nourriture et le fait de s’alimenter (un besoin essentiel à la survie qui plus est) pourront contribuer de façon plus ou moins importante à la surconsommation alimentaire.  De ce fait, nous pouvons rapidement penser aux soupers entre amis ou en famille du temps des fêtes.  Nous modulerions bien souvent notre consommation sur les normes sociales (en regardant les autres, en nous basant sur ce qui est recommandé).   Ces mêmes normes, si elles sont acceptées socialement, deviendraient en quelque sorte nos balises ; ce qui peut être en contradiction avec notre capacité innée à juger individuellement nos besoins par l’écoute du sentiment de satiété par exemple.

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NOUS SOMMES DISTRAITS

Les sons, la musique, les couleurs, les mouvements, les nombreux choix d’endroits pour manger et offerts dans les ‘food-court’ (avec bien souvent des choix limités pour le consommateur en terme de variété par kiosque alimentaire).  L’environnement immédiat dans lequel nous évoluons aurait donc un impact direct sur la consommation.  Car en étant distraits (volontairement ou non), nous sommes moins à l’écoute des messages que tente de nous envoyer notre corps.   Facile de surconsommer dans ces conditions et/ou de se laisser tenter plus facilement par des aliments à haute densité énergétique qui stimulent et excitent nos sens (gras, salé, sucré).

THE DOLLAR MENU (0 :21 sec à 2 : 45 min du lien vidéo indiqué) 2

Dans le documentaire ‘Food Inc.’, à une certaine portion du film, on y voit et entend une famille dans un drive In.  On est témoin d’un apport calorique effarent et de nutriments avec peu de valeurs nutritives qui s’accumulent et qui seront engouffrées dans l’automobile.

Verdict final pour 4 personnes:

– 5 Rodeo Cheeseburgers 5$

– 2 Chicken Sandwiches 2$

– 2 petits sprites 2$

– 1 large Dr. Pepper 1.60$

POUR UN GRAND TOTAL DE (avec txs) 11.48$

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11.48$ pour ‘tout ceci’. Un coût à l‘unité ridicule.

Comprenez-moi bien ; aujourd’hui, en 2014, je ne porte plus de jugement sur cette famille et ses choix, ce que j’aurais fait quelques années auparavant, je l’avoue candidement.  C’est avec beaucoup de bienveillance, surtout en attendant la mère dire, un peu plus loin à (2min16sec) ‘’… sometimes you look at the vegetables and say ok well we can get 2 hamburgers over here for the same amount of price… ‘’

Ça m’attriste et me révolte (la situation, pas eux), à la fois comme éducateur et thérapeute, payeur de taxes, être humain.  De voir que pour eux manger ce genre d’aliments à haute densité énergétique semble la seule solution, au vu de leur pouvoir économique combiné, de leur éducation (0;49 à 0;53 sec) ‘’…we used to think that everything was healthy…’’ et de leur travail qui les accapare du matin au soir, de 6 am à 21h-22h (1 :06 à 1 :14 min).

Ce type de comportement alimentaire selon les articles et recherches de plus en plus nombreuses semblent contribuer (en plus de la sédentarité, cigarette, consommation d’alcool importante) au développement de maladies et au syndrome métabolique.

Ça me brise le cœur de regarder dans les yeux de son mari qu’il sait que ce qu’il mange nuit à sa santé et à celle de sa famille.   On sent le dilemme, le malaise dans la voix de sa femme et le langage corporel est bouleversant de vérité.  Qu’un repas de fast-food hautement subventionné puisse nourrir une famille de 4 pour environ 12$, alors que le brocoli à lui seul coûte 1.29$ la lb ; je trouve cela aberrant qu’une mère (et sa famille) ait à faire ce choix.  Et l’entendre dire à la fin de l’entrevue ‘Should we buy medication or brocoli’ est, selon moi, incroyable dans une société qui se dit moderne et avancée (voir documentaire complet).

Ça m’a remis dans le contexte de mon voyage à Hawaii en juin/juillet 2014.  Pour lire mon billet à ce sujet, regarder sous l’appellation ci-dessous

Dossier Nutrition : Think BIG (8 juillet 2014, catégorie – Je lis donc je suis)

http://ericblais.com/blogue/

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QUE TON ALIMENTATION SOIT TA MÉDECINE (Hippocrate)

Je lance un cri du cœur pour notre santé à tous (autant individuelle que collective).  Les soins de santé explosent avec la population vieillissante.  Raison de plus d’agir.

Les géants de ce monde plieront uniquement sous le poids d’une majorité de consommateurs qui désirent le changement.  Ne faisons pas que le penser ; vivons-le.  C’est seulement si l’économie les force qu’ils feront le virage.  Nous n’avons qu’à regarder ce qui se passe avec les aliments organiques ces 20 dernières années.  Les gens en demandent.  L’industrie y voit de l’argent à faire.  L’offre ne cesse de grandir.  ‘Votons une bouchée à la fois’ pour un avenir plus sain.  Parce que chaque parcelle de nourriture que nous mettons dans notre bouche peut contribuer à nous élever ou bien à détruire à petit feu notre santé, pourquoi ne pas voter avec notre fourchette?

Je vous souhaite d’agréables moments à cuisiner, à rire, à déguster des aliments frais locaux en famille, pour le simple plaisir de vivre en santé.  Que ton alimentation soit ta médecine et un moyen de nous élever tous et toutes.

 

1-       http://www.annualreviews.org/doi/full/10.1146/annurev.nutr.24.012003.132140

2-       https://www.youtube.com/watch?v=2Oq24hITFTY (0 :21 sec à 2 : 45)

 

 

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